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Joli PACS

Le complexe du Pacsé : non, le Pacs n’est pas le parent pauvre du mariage

L’un des objectifs conscients ou inconscients de Joli Pacs, c’est de réhabiliter, revaloriser l’image et le statut du Pacs. Certes, le succès du Pacs se confirme tous les jours : l’engouement pour cette forme d’union civile ne cesse de croître chez les couples (hétéros principalement). Et pourtant, il souffre toujours d’une mauvaise image par rapport au mariage (dont le succès, lui, ne cesse pourtant de diminuer avec le temps). On envisage toujours le Pacs par rapport au mariage. Et l’expression la plus entendue si tu te pacses sera certainement : « Oh, ce n’est qu’un Pacs.  » Eh bien, moi, je dis non ! Ce n’est pas qu’un pacs. Ca peut – et ça doit – être plus qu’un contrat.
D’abord, au point de vue légal, les droits conférés par le Pacs sont de plus en plus proches du mariage.
Alors, oui, symboliquement, il est évident que les deux unions n’ont rien à voir, et que la plupart des gens se fichent un peu du Pacs (je veux dire, les proches, les invités) car ils estiment peut-être inconsciemment que c’est un engagement « à la légère ». Ce qui est ironique, c’est que non, l’engagement des pacsés n’a rien de superficiel, d’ailleurs, les chiffres sont là : il y a moins de ruptures de Pacs que de divorces ! Comme si les pacsés le faisaient pour de bonnes raisons. Car, avec le Pacs, on ne se pacsera jamais par rapport à une pression parentale, familiale ou sociétale, par exemple. On ne se pacsera jamais pour en mettre plein la vue aux gens… Ce qui évacue tous un tas de mauvaises raisons de convoler. Oui, il y a aussi des motifs pas très glorieux de se pacser comme payer moins d’impôts, et alors ? Si tous les deux sont consentants, autant en profiter. :)
Mais si le gouvernement n’a pas la mauvaise idée de supprimer le Pacs – ce qui serait à mon avis une erreur politique – je suis sûre que son statut sera amené à évoluer et que dans quelques décennies, il jouira d’une autre image, plus glamour. Il a été boudé par les homos (et c’est compréhensible puisque clairement on leur refusait les mêmes droits qu’aux hétéros). Mais les hétéros se sont appropriés le Pacs et lui ont donné un statut particulier, qui a dépassé les prévisions de ceux qui l’avaient créé. Alors, le supprimer avec l’avènement du mariage gay serait une erreur car cela priverait des tas de couples d’une forme d’union qui leur convenait mieux que le mariage.

Et il y a un avantage de taille au Pacs auquel on ne pense pas : le « divorce du Pacs », c’est-à-dire la dissolution du Pacs. Pour des pacsés, il suffit d’une simple lettre recommandée, unilatérale, pour dissoudre un pacs. Soit quelques euros et un peu de temps passé à rédiger le courrier. Alors que pour dissoudre un mariage, bonjour la galère ! Ca ne peut pas être unilatéal (ce serait trop facile). Les frais judiciaires sont astronomiques, sans parler de la douleur émotionnelle de la bataille juridique. Un divorce, ça peut ruiner quelqu’un, économiquement et émotionnellement. Un divorce, ça peut dévaster. Ca peut être vu comme une honte sociale, un échec… Alors qu’une dissolution de Pacs semble beaucoup plus indolore… Les couples dont le mariage a coûté plus de 20 000€ et qui finissent par divorcer, doivent être dégoûtés d’avoir dépensé autant.
Je ne sais pas si les pacsés se rendent compte de leur supériorité à ce niveau par rapport au mariage ? :) (je me souviens d’ailleurs d’un article qui disait en substance : le Pacs n’est pas un sous-mariage, c’est un sur-mariage). Du point de vue de sa dissolution s’entend. Les pacsés qui décident de se marier devraient réfléchir à deux fois avant de renoncer à cet avantage !

Crédit photo : Insee

Suis-je cynique en pensant directement au divorce ou à la rupture quand il s’agit de s’unir ? Peut-être, mais je suis surtout réaliste. Avec 1 mariage sur 2 qui finit en divorce en région parisienne (et 1 sur 3 en province), c’est être naïf que de se lancer dedans sans se poser la question de cette éventualité. Qui est très élevée. Et je ne pense pas que le divorce, ça n’arrive qu’aux autres. Bien au contraire ! Personne n’est à l’abri de ça (à part peut-être les très religieux pour qui le concept de divorce est intolérable). Pour moi, tout couple, même celui qui semble le plus solide, peut être amené à divorcer, tôt ou tard. D’ailleurs, beaucoup de couples toujours ensemble ont déjà songé au divorce. Et certains ne divorcent pas pour ne pas se retrouver dans la mouise… Ou parce qu’ils ont acheté un bien immobilier. etc.

Bref, pour moi, il n’y a pas à opposer Pacs et mariage, et encore moins à les comparer. Ce sont deux formes d’unions à la philosophie et à la signification différentes, ayant chacune leurs avantages et leurs inconvénients. C’est réducteur de considérer le Pacs sous l’angle du mariage, et les futurs pacsés ne devraient pas être complexés par rapport aux mariés. D’autant plus si, comme beaucoup, ils ne partagent pas les valeurs du mariage et certaines de ses conventions/traditions… Je sais que beaucoup de filles rêvent de se marier depuis leur plus jeune âge (argh) et qu’un pacs ne les fait aucunement rêver. Pourtant, elles peuvent très bien faire un JOLI pacs, aussi joli qu’un mariage. :) D’autant plus que c’est plus facile de surprendre avec une fête de Pacs qu’un mariage car il n’y a aucune convention associée.

Donc, à mon avis, tout couple qui veut officialiser sa relation, devrait se poser la question : on reste en concubinage, on se pacse, on se marie ? Car tous ces statuts ont des répercussions non anodines. Il faut réfléchir au sens que l’on donne à son couple, à ses valeurs… mais certainement pas à des histoires de traditions/conventions. Ni se marier parce qu’autour de soi, tout le monde l’est… Ou pour faire une grande fête grandiose… Ou faire plaisir à ses parents.

Pour moi, le Pacs, au-delà des aspects juridiques, n’est que ce que l’on veut qu’il soit. Ce sont les pacsés qui lui donneront une symbolique. Ou pas. Si le pacs n’est qu’une formalité au tribunal, entre deux rendez-vous, et qu’on ne le célèbre ni ne marque le coup, alors, oui, ce n’est pas étonnant que les gens pensent que ça fait moins « sérieux » qu’un mariage. Mais si on l’envisage comme une jolie forme d’union, à fêter comme il se doit (comme ont pu le faire ou vont le faire Alice, Julie, Alix et d’autres), le pacs aura une tout autre dimension ! Et du sens.

Attention, le but de cet article n’est pas de dénigrer le mariage, loin de là (d’ailleurs, j’ai un blog de mariage : My Fair Party). Ce n’est pas une critique du mariage, mais bien un hommage au Pacs.
Alors, si tu te pacses ou désires te pacser, n’hésite pas à célébrer ce jour. De la manière qui te plaira. Même si le Pacs n’est qu’une formalité administrative pour toi, ou même si ce n’est qu’une étape dans ton parcours (tu veux te marier), c’est déjà beaucoup. Après tout, j’ai bien fêté mes fiançailles avant de me marier (deux fois en plus^^). On fête bien les anniversaires, les pendaisons de crémaillère, alors pourquoi pas cette forme d’union qui aura de réelles implications dans ton quotidien ? Et surtout : ne complexe pas. Ce n’est pas « qu’un » Pacs… D’ailleurs, as-tu vu le Pacs de Julie sur le thème du zen et du Japon ? Je ne veux pas dire mais bien des mariages pourraient rougir à côté de ce pacs. ;)

Crédit photo : Lisa Marcelja via GRE City Local News

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